Impôt : la cour suprême bouleverse les familles divorcées en espagne
Une décision historique de la Cour suprême espagnole vient d’accélérer une crise fiscale majeure impliquant des milliers de parents divorcés. L’instance judiciaire a pris la décision de se prononcer sur une question cruciale : la possibilité pour les parents exerçant la garde partagée de bénéficier simultanément du minimum par enfant et du régime spécial des pensions alimentaires.

Un conflit fiscal ancien et complexe
Depuis des années, l’Agence Tributaire espagnole se heurte à des milliers de familles divisées, chacune contestant ses méthodes pour la déclaration d’impôts. Jusqu'à présent, le fisc avait systématiquement rejeté cette double application, créant une véritable divergence d’interprétations entre les tribunaux. Cette décision de la Cour suprême risque de déclencher une vague de remboursements d’impôts sur les quatre dernières années.
Le mécanisme est simple, mais les conséquences, loin de l’être. Le « minimum par enfant » représente un allègement de la charge fiscale pour les familles avec plusieurs enfants. Ce montant, variable selon les régions autonomes, peut atteindre jusqu’à 4 500 euros par enfant, au-delà du premier. En garde partagée, chaque parent peut prétendre à 50% de cette réduction. Par ailleurs, les pensions alimentaires, fixées par un juge, bénéficient d’un traitement fiscal avantageux, permettant de les taxer séparément des autres revenus. Mais la complexité réside dans la cohabitation de ces deux avantages, notamment pour les parents ayant la garde partagée.
La question centrale : la compatibilité de ces deux dispositifs. Jusqu’à présent, l’administration fiscale et la plupart des tribunaux inférieurs s’opposaient à cette combinaison, arguant d’une incompatibilité. Cependant, plusieurs tribunaux supérieurs de justice ont commencé à reconnaître cette possibilité, ce qui a créé une situation juridique confuse.
La Cour suprême, consciente de l’urgence de clarifier ce point, a décidé d'examiner un cas spécifique, celui d'un demandeur de Madrid, dont la demande avait été rejetée par le tribunal régional. Cette décision, d’une portée générale, pourrait permettre à des milliers de familles de récupérer des sommes considérables. L’administration fiscale a même annoncé une provision de plus de 700 euros pour tous les nouveaux parents en 2026, une mesure qui, pour l’instant, reste incertaine.
La décision de la Cour suprême est une victoire pour les familles, mais elle soulève aussi des questions importantes sur la nécessité d’une clarification juridique plus globale. Il faudra désormais attendre la décision formelle pour connaître l'impact réel de cette bataille fiscale. Un soulagement pour les mères actives, souvent les plus touchées par ces litiges.