Khosla: adieu l'emploi ? l'ia pourrait libérer une génération

Vinod Khosla, l'investisseur qui a parié sur OpenAI avant que le monde ne se penche sur l'IA, lance un pavé dans la mare : la majorité des enfants d'aujourd'hui ne trouveront peut-être jamais de travail. Une prédiction fracassante qui suscite autant d'enthousiasme que d'inquiétude.

La fin du travail, une perspective radicale

Dans une récente interview accordée à Fortune Magazine, le cofondateur de Sun Microsystems imagine un avenir où l'intelligence artificielle et la robotique assumeront jusqu'à 80% des emplois d'ici 2030. Un scénario qui, selon lui, pourrait rendre le travail obsolète, libérant ainsi les individus de la nécessité de gagner leur vie pour survivre. Khosla, connu pour ses investissements audacieux, suggère que les gens se consacreront alors à leurs passions, sortant de la contrainte économique.

“La nécessité de travailler disparaîtra”, affirme-t-il. Il qualifie les emplois répétitifs et pénibles, comme les chaînes de montage ou l'agriculture, de “servitude”, une vision qui choque autant qu'elle interroge nos valeurs fondamentales sur le travail et la dignité.

Une course technologique pour la suprématie mondiale

Une course technologique pour la suprématie mondiale

Khosla n'est pas seul à anticiper un bouleversement massif du marché du travail. D'autres figures de la Silicon Valley, comme Boris Cherny, créateur de Claude Code, prévoient la disparition du poste d'ingénieur logiciel d'ici l'année prochaine. Dario Amodei, PDG d'Anthropic, estime même que 50% des emplois de bureau de niveau débutant pourraient être automatisés. Mais Khosla va plus loin, en présentant cette évolution comme une guerre tecnoéconomique entre les États-Unis et la Chine.

Il soutient que le pays qui dominera le domaine de l'IA exercera une influence économique mondiale prépondérante. Pour lui, la victoire dans cette course signifiera un accès à une abondance technologique sans précédent, à des prix plus bas et, surtout, à une réduction de l'exploitation humaine. Il projette un avenir où 30 000 dollars permettront d'acquérir bien plus que ce que 100 000 dollars valent aujourd'hui – un argument qui, s'il est vrai, modifierait radicalement notre conception de la richesse et du pouvoir.

Loin d'être une vision apocalyptique, Khosla considère cette transformation comme une opportunité pour l'humanité de se libérer des contraintes du travail et de se consacrer à des activités plus épanouissantes. Reste à savoir si la société sera capable de s'adapter à un tel bouleversement et de gérer les conséquences sociales et économiques d'une automatisation généralisée. L'avenir du travail est en marche, et il s'annonce radicalement différent de ce que nous connaissons aujourd'hui.

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