Bankinter : un euro numérique et bizum, clés d'une europe financière redéfinie

Gloria Ortiz, directrice générale de Bankinter, a esquissé un avenir audacieux pour les paiements numériques en Europe, soulignant l’omniprésence de Bizum et l’urgence d’un euro numérique, particulièrement dans sa dimension institutionnelle. Une vision pragmatique, loin des délires technologiques.

La consolidation de bizum : une réalité incontestée

Ortiz n’a pas hésité à affirmer que Bizum fonctionne « de maravilla », une reconnaissance franche de son succès et de son adoption massive. La directrice générale observe avec lucidité une tendance claire : l’intégration transfrontalière des paiements instantanés, surpassant potentiellement le déploiement de l’euro numérique. Un constat qui met en lumière la capacité de Bizum à transcender les frontières traditionnelles.

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L'euro numérique : un pari pragmatic, basé sur l'existant

Pour l’euro numérique, Bankinter adopte une approche pragmatique : s’appuyer sur les infrastructures privées existantes, un choix stratégique visant à minimiser les coûts et à accélérer le processus. « Créer sur une base privée, c’est bien plus rapide et moins coûteux », explique Ortiz, soulignant la nécessité d’une interconnexion des nœuds nationaux, une architecture déjà en place. Une stratégie qui évite de réinventer la roue et capitalise sur l'expertise du secteur.

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L'euro numérique institutionnel : une priorité stratégique

L’impatience d’Ortiz est palpable lorsqu’elle évoque l’euro numérique institutionnel. Elle insiste sur son potentiel à transformer le paysage des paiements à grande échelle, permettant des transactions instantanées 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 – une capacité actuellement exclusive aux plateformes bancaires traditionnelles. Un argument puissant en faveur d’un développement accéléré, » une opportunité importante que nous devrions impulser davantage « . Il est temps d’abandonner les ambitions de création à partir de zéro et de se concentrer sur l’interopérabilité.

Un marché domestique en pleine croissance

Un marché domestique en pleine croissance

Bankinter a enregistré un bénéfice net attribuable de 290,66 millions d’euros au premier trimestre 2026, une hausse de 7,61 % par rapport à la même période de l'année précédente. Le ratio de l'efficacité a été réduit à 35,4 %, atteignant des niveaux historiques, témoignant de l'amélioration de la rentabilité. Les marges d'intérêts et de commissions ont également progressé, confirmant la dynamique positive de la banque.

La dépendance technologique : un défi historique

La récente vente de Visa en Europe à Visa USA est qualifiée par Ortiz d’« erreur stratégique » – un rappel douloureux de la vulnérabilité de l’Europe dans le domaine des paiements numériques. « Nous avons vendu ce qui nous appartenait », regrette-t-elle, soulignant l’importance d’une approche proactive pour éviter de répéter ces erreurs du passé. La concentration du marché entre les mains de Mastercard, Visa et des géants technologiques représente un risque systémique.

Face aux concurrents américains : un appel au pragmatisme

Dans ce contexte de concurrence mondiale, Bankinter préconise de se positionner en amont face aux stablecoins non européens. La banque insiste sur la nécessité de renforcer les infrastructures privées existantes et d’accélérer le développement de l’euro numérique institutionnel. Un pari audacieux, mais indispensable pour garantir la souveraineté financière de l'Europe. Au final, la banque espère que l'euro numérique institutionnel sera déployé d'ici 2030. C'est une nécessité, pas une option.