Compensations en actions : le vent tourne pour les entreprises technologiques

Le modèle économique privilégié par de nombreuses entreprises de logiciels, consistant à rémunérer leurs employés avec des actions, est profondément remis en question. Ce système, longtemps considéré comme une aubaine, révèle désormais ses fragilités face à la récente chute des valorisations liées à l'intelligence artificielle.

La bulle des actions, un modèle contesté

Pendant des années, les entreprises de logiciels ont distribué des actions à leurs employés sans grande controverse. Leur valeur augmentait avec le cours de l'action, offrant un potentiel de gain considérable. Salesforce, par exemple, a déboursé 3,5 milliards de dollars en 2023 pour cette forme de rémunération.

Mais l'explosion des craintes autour de l'IA a brisé cette dynamique. Les entreprises, comme Salesforce et Workday, ont commencé à privilégier le remboursement de leurs investissements en actions plutôt que leur distribution aux salariés. Les bénéfices ajustés par action de Salesforce, excluant ces coûts, s'élèvent à 12,52 dollars. En les incluant, ils tombent à 7,80 dollars. Un écart significatif.

« En période de crise, cette pratique est perçue comme une mauvaise gestion financière », explique Jackson Ader, analyste chez Keybanc Capital Markets. « Les investisseurs soupçonnent parfois la direction d'occulter des dépenses importantes. »

Un débat ancien, une remise en question moderne

Un débat ancien, une remise en question moderne

La question de la comptabilisation des actions n'est pas nouvelle. Warren Buffett avait déjà soulevé le problème en 1993, s'interrogeant sur le statut de ces distributions, considérées comme des dépenses à proprement parler.

Apple et Microsoft ont intégré ces coûts dans leurs indicateurs financiers. Nvidia a récemment annoncé une évolution similaire, cessant d'exclure ces dépenses de ses résultats ajustés. Seule Tesla, parmi les « Siete Magníficas » (Apple, Microsoft, Meta, Alphabet, etc.), maintient encore cette pratique.

La logique financière est simple : que les employés reçoivent des actions ou de l'argent, cela représente un coût pour l'entreprise. Et ce coût, désormais, est mis en lumière par la volatilité des marchés. La valorisation des entreprises technologiques est plus sensible que jamais aux fluctuations du secteur de l'intelligence artificielle. Un changement de paradigme dont les conséquences ne sont pas encore totalement connues.

La fin d'une époque ?

La transparence financière est désormais de mise.

La situation est claire : l'ère de la rémunération en actions massive et discrète semble révolue. Les entreprises doivent désormais assumer pleinement l'impact de leurs choix sur leurs résultats.

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