Crédit privé : l'alerte
Le marché du crédit privé pourrait être confronté à un scénario de contagion, alerte Mohamed El-Erian. Des signes inquiétants s'accumulent, rappelant les heures sombres de 2008.

Les retraits bloqués, une nouvelle source d'inquiétude
L'économiste, conseiller d'Allianz et ancien directeur des investissements de PIMCO, met en garde contre un risque de liquidité croissant. Il s'est appuyé sur une information de Bloomberg révélant que Morgan Stanley et Cliffwater ont limité les retraits de fonds dans leurs véhicules de crédit privé, une tendance observée chez d'autres acteurs majeurs comme Blue Owl, Blackstone et BlackRock.
« Si vous ne pouvez pas vendre ce que vous voulez, vous vendez ce que vous pouvez », écrit El-Erian, décrivant un phénomène de contagion où les investisseurs sont contraints de liquider des fonds solides pour satisfaire les demandes de retrait.
Cette situation résonne avec les craintes qui ont éclos début 2024, après la suspension des retraits par Blue Owl sur l'un de ses fonds dédiés aux investisseurs particuliers. Le spectre de la crise de 2008 se profile, avec des comparaisons directes à la suspension des retraits par BNP Paribas en 2007, un événement souvent considéré comme un présage de l'effondrement financier.
La guerre en Moyen-Orient, et la flambée des prix du pétrole, ont temporairement masqué ces préoccupations. Selon le Financial Times, des dirigeants de Goldman Sachs reconnaissent que le conflit en Iran a permis une distraction face à l'exposition au crédit privé et aux risques liés à l'intelligence artificielle.
George Noble, vétéran de Fidelity, avait déjà formulé un avertissement similaire, évoquant une crise financière en temps réel. Le Conseil Européen de la Banque Centrale (BCE) et la Réserve Fédérale américaine (Fed) se préparent à une intervention pour maîtriser les anticipations d'inflation, mais l'instabilité du crédit privé reste une source de tension majeure pour les marchés.
La tension est palpable. Les investisseurs scrutent les signaux, conscientes que la capacité à se retirer de leurs investissements pourrait être compromise, un signal d'alarme que personne ne peut ignorer.