Crise des barrières : trump recule face à l'iran, le pétrole en écart
La crise des droits de douane déchaînée en avril 2025 s'est achevée de manière abrupte, avec une vente massive de titres américains qui a provoqué une flambée de l'intérêt et du coût des obligations. La pression du marché a contraint la Maison Blanche à suspendre temporairement ces tarifs commerciaux, un recul inattendu dans un contexte géopolitique tendu.
Le pétrole, un bouclier stratégique pour trump
Alors que la guerre en Iran relance les tensions, la réaction de Donald Trump diffère de celle observée lors de la crise de 2025. Le spectre d'un vote de sanction lors des élections de novembre aux États-Unis semble, cette fois, moins pesant sur le président. La patience de Trump, étonnante, repose sur un facteur clé : l'excédent de production et d'exportation de pétrole et de gaz des États-Unis.
Le marché américain, renforcé par la conversion du Venezuela en régime allié après la prise de contrôle de Nicolás Maduro, bénéficie d'un afflux de pétrole brut vénézuélien. Cette stratégie permet de maintenir les raffineries américaines en activité tout en exportant le pétrole léger vers l'Europe et l'Asie. Aux chiffres de l'Agence Internationale de l'Énergie (AIE), les États-Unis sont désormais le premier producteur mondial de pétrole, avec 13,6 millions de barils par jour, et le plus grand exportateur net, surpassant de loin la Russie et l'Arabie saoudite.
Parallèlement, les importations américaines de pétrole brut du Golfe Persique sont au plus bas depuis 40 ans, grâce à une production nationale accrue et à l'augmentation des importations canadiennes. L'AIE prévoit que les États-Unis seraient la région la moins touchée par une escalade du conflit iranien, tandis qu'Asie subirait les conséquences les plus graves.

La guerre d'ormuz, un point de pénétration
Un rapport du Département de l'Énergie, daté de juin 2025, souligne clairement cette dynamique. L'analyse met en garde contre un conflit prolongé, estimant que les risques économiques augmentent et poussant les investisseurs vers des stratégies plus défensives. La persistance de la puissance militaire iranienne et la remontée des prix du pétrole laissent présager un conflit de longue durée.
Trump, dans une semaine, a affirmé être prêt à supporter une guerre prolongée, avant de revenir sur ses dires, assurant que la situation était presque résolue. Ces contradictions sont typiques de son approche, oscillant entre assurance et prudence. Il a même évoqué la possibilité de lever les sanctions contre la Russie en échange de son rôle dans le maintien de la stabilité à Ormuz.
La différence de prix entre le gaz américain (Henry Hub à environ 3,1 dollars/mmBtu) et le gaz européen (TTF à 55 euros/MWh) illustre cette complexité. Les coûts de liquéfaction et de transport des gazoducs sont des éléments clés à prendre en compte. Le message de calme adressé aux Américains est une tentative de masquer les fragilités d'un équilibre géopolitique en pleine mutation.
L'Iran, lui, ne recule pas. Les bombardements ordonnés par Trump témoignent d'une volonté de faire pression, mais la situation reste extrêmement volatile. Le prix du pétrole, volatile, témoigne de cette incertitude. L'équilibre est précaire. Et la guerre, même si elle semble éloignée, n'est pas écartée.
La décision de Trump de maintenir une position ferme, malgré les risques économiques, est un pari risqué sur la capacité des États-Unis à se protéger et à contrôler l'approvisionnement énergétique mondial. Un pari qui pourrait bien redéfinir les alliances et les rapports de force dans les années à venir.
La situation à Ormuz, et par extension le sort du pétrole, reste un facteur déterminant. Et le temps presse.