Digi : la sortie à la bourse en suspens, un projet espagnol fragilisé
Plus de 10,8 millions d’abonnés, DIGI affiche une croissance solide, mais la réalité financière est bien plus complexe. L’opérateur roumain est aujourd’hui confronté à un véritable dilemme : la nécessité urgente de renforcer sa liquidité pour poursuivre son expansion en fibre optique, face à un ‘churn’ client inquiétant et à un projet colossal en Espagne qui vacille dangereusement.
Un plan espagnol en péril
Initialement ambitieux avec une cible 2026, le projet DIGI en Espagne s’apparente désormais à un mirage. L’instabilité du marché boursier, exacerbée par les tensions géopolitiques en cours, a mis un coup d’arrêt aux ambitions de l’entreprise. Les récentes chutes des indices boursiers, notamment celles d’entreprises espagnoles, rendent la sortie à la Bourse, autrefois envisagée comme une solution de financement, hautement incertaine. Le marché, véritable tempête, semble ne pas vouloir offrir de havre de paix.
La décision, prise au forceps, de reporter cette opération est le signe d’une profonde remise en question. Rothschild, conseillère financière engagée en 2025, n’a pu empêcher l’effondrement des plans initiaux. La guerre en Iran a transformé les perspectives, et DIGI doit désormais naviguer dans un contexte de grande incertitude.

L’espagne, un poids lourd à gérer
La division espagnole représente un enjeu majeur pour le groupe rumain, estimée entre 2 et 2,4 milliards d’euros. Mais ce potentiel de valorisation est aujourd’hui remis en cause. La perte de contrôle sur son logo bleu emblématique – un symbole de différenciation désormais menacé – illustre le déséquilibre qui s’installe. L’opérateur low-cost se retrouve donc à devoir renoncer à une de ses principales atouts.
La date limite du 14 mai a été fixée, mais elle n'est plus qu'un horizon lointain. Barclays, Santander et UBS, les banques chargées de coordonner l’opération, reconnaissent les contraintes du moment. La prudence est de mise, et DIGI préfère attendre que les conditions du marché se stabilisent. Le groupe rumain a pris la décision la plus pragmatique : reporter la sortie à la Bourse jusqu’à preuve du contraire.

Un avenir incertain
L'opération, initialement prévue pour le mois d'avril, est désormais reléguée au second plan. Les investisseurs, d'abord séduits, se montrent aujourd'hui plus réservés, confrontés à l'incertitude géopolitique. La valorisation finale de DIGI pourrait donc être significativement inférieure aux estimations initiales. La bataille pour la survie de ce projet ambitieux ne fait que commencer.