Godzilla, le robot géant qui prépare le réacteur nucléaire du soleil
L'ambition est colossale : recréer les conditions de fusion nucléaire qui alimentent le soleil. Pour y parvenir, le projet ITER, une collaboration internationale de 35 nations, mise sur une innovation surprenante : un robot humanoïde de 4 mètres de haut baptisé Godzilla. Ce n'est pas le monstre de fiction, mais un prototype d'une précision extrême, essentiel pour l'assemblage du cœur du réacteur.

Godzilla : le banc d'essai avant le grand chantier
Le Réacteur Thermonucléaire Expérimental International (ITER) a dévoilé une étape décisive : l'installation de 20 000 composants internes dans le cœur du réacteur. Chaque position compte, et c'est là que Godzilla entre en jeu. Cette machine, capable de soulever 2,3 tonnes, servira de plateforme d'entraînement pour les robots qui prendront le relais pour le montage final – des engins pesant jusqu'à 36 tonnes.
L’objectif ? Valider les procédures, simuler les mouvements, éviter les collisions internes. Raphaël Hery, expert du domaine, explique que des équipes humaines et robotiques travailleront simultanément. Cette stratégie de « vague roulante » permet de réduire les risques d’erreurs et les ralentissements.
CNIM (France), Larsen & Toubro (Inde) et Metromecánica (Espagne) sont d’autres acteurs majeurs impliqués, notamment dans la conception de pinces et d'autres dispositifs de manipulation. La prochaine étape : des améliorations constantes des robots, avec des capteurs de force et de couple plus performants, pour une précision accrue.
Ces robots vont travailler 24 heures sur 24, six jours par semaine, pendant deux ans. Ils devront effectuer 30 opérations différentes – vissage, soudure, etc. – avec des cycles de travail adaptés aux différentes phases de construction. La précision est primordiale : un faux mouvement pourrait compromettre l'intégralité du projet.
La Chine semble détenir un avantage certain dans ce domaine. Les avancées dans la robotique humanoïde pourraient lui donner la clé d'une énergie quasi illimitée. La question n’est plus de savoir si la fusion nucléaire est possible, mais qui la maîtrisera en premier.
Le développement de Godzilla n'est qu'un avant-goût. La véritable révolution ne viendra pas seulement de la taille des robots, mais de leur capacité à collaborer avec l'humain, à anticiper les problèmes et à s'adapter en temps réel. Ce projet, bien plus qu'une simple avancée technologique, redéfinit les limites de l'ingénierie et de l’ambition humaine.