Hitachi transforme des cargos obsolètes en centres de données flottants
L'innovation, parfois, émerge des recoins les plus improbables. Hitachi, conscient des coûts astronomiques liés à l'infrastructure d'IA, a trouvé une solution aussi audacieuse qu'ingénieuse : transformer d'anciens navires de transport de véhicules en centres de données flottants. Un pari risqué, peut-être, mais dont le potentiel économique et écologique est indéniable.

Un partenariat maritime inédit
L'opération, menée en collaboration avec Mitsui O.S.K. Lines (MOL), l'un des plus grands armateurs japonais, repose sur un principe simple : récupérer des navires destinés à la casse et leur donner une seconde vie en les transformant en puissantes unités de calcul. MOL, qui dispose d'une flotte de 900 navires de grande taille, apporte les vaisseaux, tandis que Hitachi se charge de l'intégration de l'infrastructure informatique.
L'espace à disposition est colossal. Un seul navire transportant des voitures, comme ceux utilisés par MOL, offre pas moins de 54 000 mètres carrés de surface, ce qui équivaut à la taille des plus grands centres de données terrestres actuellement présents au Japon. L'argument financier est également séduisant : l'acquisition de tels navires représente une fraction du coût d'un terrain équivalent sur terre, surtout compte tenu de la spéculation immobilière qui s'empare du secteur de l'IA.
Plus qu'un simple gain de place, il s'agit d'une optimisation logistique. MOL, fort de son réseau, peut négocier des tarifs avantageux pour l'amarrage des navires dans des ports peu fréquentés ou utiliser ses propres infrastructures. Hitachi, de son côté, profite d'un accès facile à l'eau, qu'elle utilise pour refroidir les serveurs, une solution bien plus économique que l'installation de systèmes de climatisation traditionnels. La société a d'ailleurs développé des serveurs spécifiquement conçus pour être refroidis par eau de mer ou de rivière, selon l'emplacement du navire.
Bien sûr, des défis restent à relever. La stabilité des navires, la sécurité des données et la gestion de l'énergie sont autant d'aspects à prendre en compte. Mais l'avantage principal réside dans la mobilité. Contrairement aux centres de données terrestres, ces unités flottantes peuvent être déplacées vers les zones de forte demande, offrant une flexibilité inédite.
Le projet est encore en phase de conception, mais les premières unités pourraient être opérationnelles dès l'année prochaine. Une date ambitieuse, mais qui témoigne de la volonté de Hitachi et de MOL de révolutionner le marché des centres de données. Rappelons que l'annonce récente de la désignation de plusieurs entreprises d'IA, dont Apple, Microsoft et Nvidia, comme “cibles militaires” par l'Iran met en lumière la fragilité croissante des infrastructures civiles. L'approche de Hitachi pourrait s'avérer être une alternative stratégique face à ces tensions géopolitiques.