La révolution silencieuse du code : les développeurs se laissent porter par l'ia
L’intelligence artificielle ne modifie pas simplement le paysage de la tech ; elle bouleverse les pratiques professionnelles de manière spectaculaire. Un phénomène observé de plus en plus fréquemment : les développeurs, portables entre les mains, errant dans les rues, les aéroports, les cafés… Ils ne tapent plus activement le code, mais lui confient des tâches complexes, laissant l’IA travailler en coulisses.

Le code, une affaire de fond ou de mouvement ?
Cette tendance, loin d’être un simple effet de mode, est alimentée par l’essor d’outils puissants tels que Claude, Codex et leurs successeurs. Ces plateformes ne se limitent plus à générer du code à partir de requêtes textuelles. Elles exécutent désormais des fonctions avancées en temps réel, sans nécessiter l’intervention directe du programmeur. L’IA continue de fonctionner, même lorsque le développeur ne tape pas sur le clavier.
Des rapports de Business Insider révèlent que ce comportement est devenu monnaie courante. Des experts, dont Geoff Chan de Raven.AI, admettent qu’ils laissent leurs ordinateurs ouverts, surveillant l’évolution des tâches sans s’y attarder activement. Ces opérations, allant de la génération de logiciels complets à l’analyse de données, en passant par le traitement d’images et la connexion de systèmes, s’effectuent en arrière-plan. Alison Kaizer, de Golden Ventures, explique que fermer l’ordinateur interrompt ces sessions et ralentit considérablement le travail.
On parle d’une nouvelle « manie des agents », un comportement qui se manifeste dans les aéroports, les transports en commun, les bureaux… OpenAI lui-même a reconnu cette tendance sur ses réseaux sociaux. Si certains, comme Arav Jain (15 ans), voient cela comme une nécessité pour « continuer à envoyer du code » entre les cours, d’autres, comme Will Meinhardt ou Rebecca Bultsma, expriment une certaine gêne ou se sentent observés. À San Francisco, des ingénieurs comme Tim Monzures considèrent que cette pratique est désormais une norme dans la nouvelle culture du développement avec l’IA.
Le phénomène est caractérisé par l’utilisation de termes comme « taco » ou « concha » pour désigner ces ordinateurs ouverts, laissant apparaître un besoin croissant de technologies adaptées. Des portables spécialement conçus pour autoriser ces exécutions en continu, sans interruption, pourraient bien être l’avenir. La rentabilité des entreprises est mise à rude épreuve par cette nouvelle donne.
L’évolution est profonde : les développeurs, autrefois maîtres du code, se retrouvent à déléguer une partie de leur travail à des intelligences artificielles. Il ne s’agit plus de concevoir le code, mais de le faire fonctionner, de le maintenir en activité, même en dehors de la salle de contrôle. Cette transformation pourrait bien ouvrir la voie à des innovations majeures, tant en matière de logiciel que de matériel.