Les déadbots : une promesse de revivification technique qui peut causer plus de douleur que de soulagement

Depuis quelques mois, un phénomène émergent dans le monde numérique a suscité une vive inquiétude chez les experts en intelligence artificielle et les théoriciens de l'information. Il s'agit des déadbots, ces modèles d'intelligence artificielle qui simulent la présence de personnes décédées, grâce à des données personnelles fournies par leurs proches.

Les limites de la technologie pour apaiser la douleur

Le principe est simple : en payant 10 dollars, vous pouvez créer un déadbot personnalisé, doté d'un avatar et d'une voix, qui conversera avec vous en utilisant les données de l'individu défunt. Cela peut sembler une façon de maintenir le lien avec les défunts, mais certains spécialistes s'inquiètent de l'impact potentiel de ces simulations sur la santé mentale des utilisateurs.

« Il n'y a pas de logique pour trouver du sens dans le chagrin », a déclaré Rebecca Nolan, une experte en IA qui a créé un déadbot de son père décédé. « Alors lorsque vous rencontrez des outils qui promettent des choses irréalistes, c'est très facile de vous y laisser prendre. »

Une industrie émergente de la vie après la mort

Une industrie émergente de la vie après la mort

Les déadbots relèvent de ce que l'on appelle l'« industrie de la vie après la mort », une branche émergente du marché des services numériques. Cette nouvelle forme de commerce repose sur la conviction que les humains sont prêts à payer pour maintenir un lien avec les défunts, même si cela implique de s'engager avec des simulations qui ne peuvent pas remplacer la réalité.

Les critiques soulignent que ces déadbots peuvent entraîner des conséquences graves pour les utilisateurs, en particulier si ces derniers ont de la difficulté à se départir de la simulation. « Cela peut reproduire l'expérience de l'abandon après la perte, provoquant des conséquences psychoémotionnelles importantes », a alerté le Centre Leverhulme pour l'avenir de l'intelligence, de l'Université de Cambridge.