Tensions au moyen-orient : le spectre d'une crise énergétique frappe les marchés

Les attaques réciproques entre les États-Unis, Israël et l'Iran ont réveillé un vieux cauchemar dans les marchés mondiaux : une flambée des prix de l'énergie due à la potentielle fermeture du détroit d'Ormuz. Les simulations, élaborées depuis des années à l'occasion des précédentes tensions dans le Golfe Persique, ne sont plus de simples exercices théoriques.

Le détroit d'ormuz : point de bascule pour l'économie mondiale

La menace d'un blocage des hydrocarbures transitant par Ormuz pourrait engendrer une inflation galopante, freiner la croissance et déstabiliser les marchés financiers. Les banques d'investissement, rappelant des rapports antérieurs, certains mis à jour lors des attaques sur les infrastructures nucléaires iraniennes en juin 2025, préparent les investisseurs à un scénario de crise majeure. Le pétrole est, comme toujours, le baromètre de cette escalade.

Les marchés dérivés et les plateformes crypto ont déjà enregistré des mouvements, bien que leur faible liquidité rende ces prix peu fiables. Le contrat WTI a bondi de 6% lors des premières attaques du samedi, mais c'est à partir de dimanche soir que les futures de CBOE et CME devraient refléter la réaction réelle des opérateurs. Les prix du brut étaient déjà en hausse depuis plusieurs jours, malgré les tentatives de rapprochement entre l'Iran et les États-Unis via des négociations à Oman. La rupture de ce dialogue, suivie des bombardements, a ouvert une porte vers un avenir incertain.

Des prévisions alarmantes : le brent pourrait exploser

Des prévisions alarmantes : le brent pourrait exploser

Le baril de Brent a clôturé vendredi dernier avec une augmentation de près de 3%, atteignant 72,8 dollars, et son prix a déjà grimpé de plus de 15 dollars, soit un bond de 22%, depuis le 7 janvier. Les analystes estiment que, si Ormuz venait à être bloqué, le prix du pétrole pourrait flirter avec les 100 dollars. Barclays Capital anticipe même un pic à 100 dollars si le conflit persiste, représentant un bond de plus de 30% par rapport aux niveaux actuels. Selon Goldman Sachs, la perte d'un million de barils par jour d'exportations iraniennes ajouterait 8 dollars au prix du baril.

La Eurasia Group prévoit une hausse initiale de 5 à 10 dollars par baril si le conflit s'éternise. RBC Capital souligne le rôle de la Garde Révolutionnaire Islamique, dont la promesse de vengeance suite à la mort de l'ayatollah Jameneí ajoute une composante volatile à l'équation. Deutsche Bank avertit quant à elle qu'une telle flambée pétrolière alimenterait les anticipations inflationnistes, avec des répercussions directes sur l'activité économique et la consommation.

Oxford Economics, dans un rapport de juin 2025, a chiffré le coût d'un tel scénario : la fermeture du détroit d'Ormuz pourrait faire grimper le prix du Brent à 130 dollars, entraînant un impact de 0,3 point de pourcentage sur le PIB mondial, et de 0,4 à 0,5 point de pourcentage aux États-Unis et dans la zone euro. L'inflation américaine pourrait même atteindre 4,5%, contraignant la Réserve fédérale à repousser toute baisse des taux d'intérêt.

Le marché est en état d'alerte maximale, et la perspective d'une interruption du flux énergétique mondial plane comme une épée de Damoclès.