Vulnérabilité grave chez mediatek : des millions de téléphones android compromis

Une faille de sécurité majeure a été découverte dans plusieurs puces des chipsets MediaTek, impactant potentiellement 875 millions de téléphones Android à travers le monde. Cette vulnérabilité, baptisée CVE 2026-20435, permet à des attaquants d'extraire des données sensibles, y compris des messages, des photos et des clés de récupération de crypto-monnaies, et ce, en moins d'une minute – même lorsque l'appareil est éteint.

Des données personnelles à risque, même hors ligne

La gravité de cette faille réside dans sa capacité à contourner les mécanismes de sécurité habituels. Même si votre téléphone est verrouillé par empreinte digitale ou reconnaissance faciale, les clés de sécurité et le code PIN peuvent être dérobés. Une fois ces clés obtenues, un attaquant peut décrypter toutes les données stockées, rendant vos mots de passe et numéros d'identification accessibles.

Les chercheurs de Ledger's Donjon Hacker Lab ont confirmé la vulnérabilité, soulignant que cette faille révèle que les smartphones ne sont pas des coffres-forts pour les informations confidentielles. « Cela démontre la difficulté de stocker des secrets sur des appareils non sécurisés », a déclaré Charles Guillemet, directeur technique de Ledger.

Parmi les puces concernées, on retrouve les séries MediaTek MT6700/MT6800/MT6900 et MT8100/MT8600/MT8700, utilisées dans des modèles populaires de marques telles que Oppo, Realme, Vivo et Xiaomi. Le téléphone Nothing CMF Phone 1 a servi de preuve de concept pour cette vulnérabilité.

Malheureusement, la fragmentation du système Android représente un obstacle majeur à la résolution du problème. La mise à jour de sécurité de mars, qui corrige cette faille, n'est pas encore déployée sur tous les appareils. Si votre téléphone a cessé de recevoir les mises à jour, il est fortement conseillé de ne pas y stocker de crypto-monnaies et, si possible, d'envisager un remplacement.

La liste exhaustive des puces concernées est disponible, mais la situation est claire : la sécurité de nos téléphones, et donc de nos données personnelles, est plus fragile qu'on ne le pensait.